LES HÉROÏNES
DE LA IIIe RÉPUBLIQUE
Gaëlle Pairel

Jeanne Neis nait à Pont-Croix en 1883 où elle repose depuis son décès en 1969.
Romancière, elle est aussi poète et signe deux recueils sous le pseudonyme de Sijenna.
Un an après son mariage avec le philosophe Jean Nabert, elle reçoit en 1909 le prix Archon-Despérouses pour son deuxième recueil Silences brisés.
Elle publie trois romans entre 1931 et 1946, dont Le cavalier de la mer, prix du Premier roman décerné par La revue hebdomadaire.
» Quand vous allez à la foire de Quimper, cela vous pose de pouvoir jeter aux paysans du nord ou de l’est : nous avons un médecin… Grand-père me parle quelquefois du “médecin du haut”, M. Neiz, le docteur cavalier qui arrivait dans le bourg à bride abattue… »
Extrait du Cheval d’orgueil de Per-Jakez Hélias, ce passage évoque le docteur Néis installé dans le cap Sizun depuis 1871. Sa fille Jeanne Néis-Nabert naît à Pont-Croix (Finistère) en 1883.
Pour son premier roman Le Cavalier de la mer, elle s’inspire de la figure paternelle afin d’incarner le docteur Guyonwac’h, homme violent et tempétueux. S’il est le principal protagoniste de son récit, ce sont les
femmes qui en sont les véritables héroïnes.
Gaëlle Pairel, spécialiste du matrimoine littéraire en Bretagne de 1801 à nos jours. Elle consacre un mémoire universitaire à cet héritage culturel en 2014 (Rennes 2). Depuis, en qualité de chercheuse, médiatrice, auteure et éditrice, elle contribue activement à promouvoir les autrices et leurs œuvres. En 2021, elle publie une anthologie collégiale Femmes de lettres en Bretagne, matrimoine littéraire et itinéraires de lecture. Elle codirige aujourd’hui la collection UniversELLES aux éditions Goater.
En revanche, la réprobation générale qui pèse sur les femmes est immuable, qu’elle soit religieuse ou républicaine.
Gaëlle Pairel


