LES Chœurs d’hommes gallois, une tradition inventée
Yann-Ber Thomin

»La diversification du répertoire
passe depuis longtemps par
l’interprétation de grandes œuvres
classiques, traduites en gallois. »
Avant toute chose, il convient de tordre le cou à une fable répandue
en France, relayée en 2005 par le journal Le Monde, dans l’article d’un Envoyé
spécial. L’enquête qu’il aurait menée, qui aboutit à la conclusion que les chœurs gallois relèveraient d’une tradition exclusivement masculine, paraît bien approximative.
L’affirmation contenue dans son titre : « Les chœurs gallois, une affaire d’hommes », est en effet très largement inexacte. En réalité, il suffit de parcourir le Pays de Galles et pas uniquement les pubs, de fréquenter les
eisteddfodau et en particulier l’eisteddfod nationale qui se tient, alternativement au sud et au nord, pour se rendre compte que
les chœurs mixtes, féminins et d’enfants sont tout aussi nombreux.
Yann-Ber THOMIN
Ancien maire de Landerneau, conseiller général du Finistère et conseiller régional de Bretagne. Militant
pour la langue bretonne, il préside depuis 2011 Kanomp Breizh, la Fédération des chorales en
langue bretonne.
Docteur en histoire, chercheur associé au Centre de recherche bretonne et celtique pour sa thèse « Du
commerce maritime à l’industrie (1660-1845). L’élite
négociante de Landerneau face aux défis », soutenue
en 2016 à Brest.
En revanche, la réprobation générale qui pèse sur les femmes est immuable, qu’elle soit religieuse ou républicaine.
Gaëlle Pairel


