LES VIVIERS
À CRUSTACÉS

Luisa Telenti

De tout temps ouverte sur la mer, sous le Second Empire la Bretagne tente de se désenclaver par le développement d’infrastructures. L’arrivée du réseau ferroviaire facilite d’une part l’acheminement des produits vers les villes de l’intérieur, Paris en tête, et d’autre part la venue de voyageurs, attirés par son authenticité si « exotique », développant l’hôtellerie et la culture balnéaire. La bourgeoisie apprécie la consommation de fruits de mer bretons, devenus produits de luxe, comme le homard (bleu) et la langouste (rouge), à une période où ces mets de choix se font de plus en plus rares sur nos côtes.

Cela fait quelques décennies que les pêcheurs du littoral breton capturent
les « poissons à croûte », les grands crustacés, pour satisfaire une demande venue de l’autre côté de la Manche. Dès le XVIIIe siècle, des caboteurs équipés d’un vivier viennent s’approvisionner à Bréhat1, aux îles Glénan2 ou à l’île de Sein3. Ce commerce prend de l’ampleur avec l’essor du train, à une époque où la pisciculture produit déjà de bons résultats.

« Je fais construire à Concarneau
un vivier-laboratoire de quinze cents
mètres de superficie, qui servira
de modèle aux pêcheurs disposés
à entrer dans la voie du progrès. »

Retrouvez la suite de l’article dans le numéro 4

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