Des habitantes et habitants brittophones de Locronan, petite cité de caractère, ont sursauté à la vue de certains panneaux trilingues installés dans la commune pour proposer un circuit de découverte, un parcours intitulé « Ciné Clap », en fin de semaine dernière. L’utilisation de l’intelligence artificielle (IA) pour la traduction des messages en langue bretonne donne un résultat désastreux.

Ces habitant.e.s ont donc décidé de réagir et signent un communiqué.
A noter que certain.e.s des signataires ont des compétences linguistiques reconnues en breton ; d’autres ont une expertise en histoire artistique et/ou locale ; certain.e.s peuvent témoigner des tournages qu’ils ont vécu en habitants ; tous et toutes vivent aujourd’hui à Locronan, utilisent la langue bretonne dans leur vie sociale, professionnelle, familiale.

COMMUNIQUÉ : Ciné Clap : des OBNI* à Locronan * Objets Bretonnants Non Identifiés

« Plongez dans la longue histoire, la ville œuf d’été de la ville aspect, une pendaison bretonne, un vieux nemeton, un village carolingien qui busine aujourd’hui le nom d’un saint, saint Ronan, un ermite irlandais est la référence spirituelle de lui. »
Ainsi commence le parcours « Ciné Clap » récemment installé à Locronan par la municipalité. Ces panneaux trilingues (français, « breton », anglais) proposent un circuit de découverte d’une partie de la quarantaine de films tournés à Locronan. Le texte ci-dessus est une traduction fidèle de ce qui a été écrit en breton. Il illustre le niveau linguistique désastreux de la dizaine de panneaux installés la semaine passée. Ces totems, financés par la Région et la collectivité locale, ont été inscrits à hauteur de 70 000 € dans le budget communal.
On sait de source sûre que les traductions en anglais et en espagnol ont fait l’objet d’une prestation de traduction humaine et professionnelle facturée. Pour le breton, la mairie de Locronan a demandé à l’Office Public de la Langue bretonne (OPLB) de corriger les textes en breton qui lui étaient fournis. Ces textes – vraisemblablement créés par l’IA – contenaient tant d’incorrections qu’il était impossible de les traiter. L’OPLB a donc demandé à traduire les textes à partir de l’original en français. L’organisme public a fourni ses traductions à la mairie de Locronan, à la mi-novembre. Ce n’est pas cette traduction professionnelle et humaine qui a été utilisée sur les panneaux, mais semble-t-il, le texte initialement traduit par l’IA.
Rappelons que « la petite cité de caractère » – enfin « la ville œuf d’été de la ville aspect » – a signé le niveau 2 de la charte de l’Office Public de la Langue Bretonne engageant la collectivité dans une démarche en faveur de notre langue. Ceci incluant en particulier une signalétique bretonne, actuellement en régression à Locronan.

Communiqué signé par des brittophones de Locronan : Lukian Kergoat – Anne Gouerou – Fañch An Henaff – Mélanie Jouitteau – Jean-Marc Louboutin – Agnès Louboutin – Clément Soubigou – Chann Lhostis – Ronan An Henaff – Onenn Bozec – Eliane Kerjoant – Marijo Louboutin – Brewalenn Kergoat – Estelle Le Breton.

Chapel Iron Varia ar C’heloù mat a zo an anv gwir

Les charrettes sont devenues brouettes

Plasenn an Eglise !

Le texte sur la petite cité de caractère qui vaut son pesant de cacahuètes ! Pour les signataires, il y a autant à dire sur le fond et donc en français aussi…

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