DE LA TERREUR À LA LOI FERRY DE 1882
L’INTERDIT LINGUISTIQUE À L’ÉCOLE

Rozenn Milin

« C’est là que nait la doxa de la langue unique, formulée dans de nombreux rapports et décrets de la période de la Terreur, et non durant la Troisième République. »

La loi Ferry du 18 mars 1882 sur l’enseignement primaire obligatoire est
souvent citée comme étant à l’origine de l’interdiction de toutes les langues dites régionales au sein des établissements scolaires. Cette croyance est pourtant fausse : la seule mention de la langue française dans cette loi se trouve en effet dans son article 1er qui dit, en tout et pour tout, que « L’enseignement primaire comprend […] la langue et les éléments de la littérature française ». Mais le texte est totalement muet sur la langue d’enseignement et même sur les langues autorisées à l’école.
Jules Ferry n’était certes pas un personnage irréprochable, c’était un colonialiste avéré et particulièrement offensif, mais on ne peut accuser sa loi de 1882 d’avoir comporté un quelconque interdit linguistique.

Rozenn MILIN
historienne et sociologue.
Auteure de La Honte et le châtiment – Imposer le
français : Bretagne, France, Afrique et autres territoires, éditions Champ Vallon, 2026.

Retrouvez la suite de l’article dans le numéro 6

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